Ascension du Mont Fuji

Qu’avez vous déjà vu dans ce monde qui vous a impressionné au point d’en avoir des frissons des orteils à la pointe des cheveux ? Si vous répondez à cette question et que vous ne trouvez pas votre liste assez longue alors prenez votre manteau et un avion pour le Japon, direction le Mont Fuji !

Vous n’aurez besoin que de vos yeux pour être envahi en un instant de ce sentiment qui branche instantanément chaque neurone de votre cerveau et met en alerte tous ses compteurs : l’indescriptible « WAHOUuuu » (le vrai).

Peut-être serez-vous assez fou pour désirer en atteindre le sommet..? Si oui, lisez la suite, cela devrez vous intéresser 😉

Alors, c’est comment ?

Il y a de ces expériences qui vous marquent au fer rouge, l’ascension du Mont Fuji en est une.
Et parce que c’est une histoire qui se vit et qui se raconte avec le cœur, cet article ressemblera, pour une fois, un peu plus à un journal intime…

Celui qui gravit le Mont Fuji une fois est un sage, celui qui le fait deux fois est un fou !

Yoshinobu Jitsukawa, un japonais, l’a quand même gravit 1673 fois dans sa vie… Je dis BRAVO hein !

C’est quand qu’on va où ? C’est notre « tour du monde », notre « pause pas syndicale » dans la vie que l’on avait. Je parle au passé parce que le voyage vous change, vous fait grandir et devenir petit à petit la personne que vous voulez être. Cela tombe bien, c’est ce que je cherchais ! « Je pourrais en reprendre une louche s’il vous plaît ? »

Dans cette aventure, parmi la liste des pays gagnant : le Japon. Et sur l’itinéraire du Japon : le Mont Fuji. Et sur le planning du Mont Fuji : son ascension. Jusqu’ici tout va bien.

Nous arrivons à Kawaguchiko, petite ville au pied du mont Fuji. Ca y est, c’est la rencontre, il est là devant nous… A ce moment, j’aurai pu le confondre avec un autre mont, parce que nous sommes en juillet et qu’il ne porte pas son chapeau blanc ( ou parce que je suis blonde :p ) mais non… impossible ! Il n’y a que lui, que ce cône gigantesque, qui me fait l’effet « WAHOUuuu ». Il est seul, au milieu de la plaine des 5 lacs, comme si il avait demander aux autres massifs d’aller voir ailleurs. Cela lui donne un côté si majestueux qu’il ne peut laisser personne indifférent.

#émerveillement

Et puis… Et puis, les derniers nuages s’effacent, me laissant voir bien plus précisément le sommet. J’étais déjà impressionnée mais là je prend conscience : « c’est vraiment lui qu’on s’apprête à grimper ? » Je suis en bonne condition physique mais c’est sacrément haut quand même !

#peur #doute

Je ne suis pas du genre à faire demi tour facilement alors allons-y ! Voilà la plan : monter à la 5ème station pour voir le soleil se coucher, et arriver au sommet de Fuji pour le voir se lever. Bon plan non ?

#rêve

Départ de la gare de Kawaguchiko à 18h, en 1h de bus nous voilà à 2304m d’altitude, pile a l’heure pour voir le coucher de soleil le plus époustouflant qu’il m’ait été donné de voir jusqu’à maintenant… A cette hauteur, les nuages forment comme un tapis qui change de couleur à mesure que le soleil disparaît. Cela se terminera en un ciel de feu : c’est déjà magique.

Coucher de soleil depuis a 5ème station
Coucher de soleil depuis a 5ème station

Il est 20h, la nuit a pris sa place, il est temps de partir à l’assaut de ce géant volcanique. Nous passons au bureau d’information pour être sûrs d’avoir tout ce qui nous sera nécessaire. Pour atteindre le sommet, il nous faudra parcourir les 5800m du Sentier Yoshida, avec un dénivelé d’en moyenne 25%. Sans les pauses, la montée se fait en 6 à 7h et la descente en 3h. Pas de compétition pour nous, le seul objectif sera d’aller jusqu’au bout. Go !

#motivation

Durant l’ascension, qui durera 8h pour nous, l’un motive l’autre qui motive l’un. Je ne pensais pas que ça allait être si difficile et pourtant, je m’étais préparée à ce que ça le soit. Plus je monte, plus les efforts à fournir sont intenses. La fatigue s’accumulant n’arrange pas les effets de l’altitude sur le corps. Le respiration doit parfois se faire bruyamment pour être efficace. Les lacets, le sol fait de poussière et de pierres volcaniques, les marches immenses, l’escalade des roches, les pauses dans les stations s’enchaînent. Plus je monte, plus je vois loin. L’espace entre l’horizon s’arrondissant et moi grandi, comme une nouvelle dimension qui apparaît. Pendant que je pousse mon corps toujours plus haut, un pas après l’autre, le temps semble s’écouler différemment, presque absent…

#fatigue #effort #limites #mauxdetete #nausée #froid #raslebol #mental #……

Puis l’horizon se colore, il est presque 4h du matin. Nous sommes à 200m du sommet et il nous reste environ une demie heure avant que le soleil ne pointe le bout de son nez. Ces 200 derniers me paraîtront évidemment interminables… Mon cerveau a lui encore assez d’énergie pour travailler et me fait me demander comment je vais réagir lorsque, une fois en haut, la lumière va s’allumer : serait-il possible d’être prise de vertige ?

#angoisse #cerveauquifaitnimportequoi

C’est littéralement éreintés que nous arrivons au sommet. Il ne nous reste, pour le moment, qu’à prendre place et apprécier le spectacle. Ce moment, où la toute première lueur rouge transperce la ligne d’horizon, est presque indescriptible. Toute douleur s’envole le temps d’un Sunrise. Je pourrais vous énumérer des tas d’adjectifs au superlatif mais ça ne vaudrait pas grand chose. Il va falloir que vous montiez là haut pour le savoir 😉

Arrivés au sommet, tous les regards sont tournés vers l'est
Arrivés au sommet, tous les regards sont tournés vers l’est
C'est à ce moment précis que la lueur rouge du soleil perce l'horizon...
C’est à ce moment précis que la lueur rouge du soleil perce l’horizon…

#larme #fierté

5h du matin. C’est l’heure de la descente. Le paysage, qui nous a entouré durant cette longue nuit, se livre à nous, baigné par de plus en plus de soleil. La vallée prend vie. Le corps, lui, souffre. Tel un pantin désarticulé, j’avance ou plutôt, je glisse. 6h. 7h. 8h. 9h. Nous voilà revenus à notre point de départ, plus riches d’une expérience extraordinaire… Quelle folie !

C'est l'heure d'entamer la descente...
C’est l’heure d’entamer la descente…
...avec de magnifiques paysages, cette fois baignés par le soleil
…avec de magnifiques paysages, cette fois baignés par le soleil

Alors, c’est par où ?

C’est depuis Kawaguchiko que l’approche du mont Fuji est la simple lorsque vous désirez en faire l’ascension par le sentier Yoshida. C’est la voie la plus populaire et la mieux aménagée mais il existe 3 autres sentiers : le Subashiri, le Gotemba et le Fujinomiya.

La région des 5 lacs regorge d’endroits magnifiques depuis lesquels vous pourrez observer ce cône mythique, mais concentrons nous sur les informations pratiques concernant l’ascension du mont Fuji par le Sentier Yoshida.

La voie est ouverte au public sur 2 mois seulement : juillet et août. En dehors de cette période, il vous faudra être accompagné d’un guide, pour des raisons de sécurité. Il ne s’agit pas d’être un sportif chevronné pour réaliser cette randonnée mais une bonne condition physique et quelques conseils à suivre sont nécessaires.

Environ 300 000 personnes se lancent ce défi chaque année, et la plupart choisissent de le faire de nuit, donc sachez que, quelque soit le jour que vous choisissez, vous ne serez pas seul ( mais tous unis dans l’effort ). Prêtez attention à la météo avant de vous lancer, si le temps est trop couvert, vous ne pourrez apprécier comme il se doit la beauté du lever du soleil depuis le sommet du mont.

Le jour J est arrivé. L’idéal est en général de démarrer l’ascension vers 20h. Pour cela, vous pouvez rejoindre la 5ème station, à 2300m d’altitude, en prenant un bus au départ de la gare de Kawaguchiko vers 18h. Après une petite heure de trajet, vous pourrez apprécier depuis là, un superbe coucher du soleil. Prenez aussi le temps d’un bon repas, et de vous acclimater à l’altitude avant de partir. Sachez que déjà, à cette hauteur, la température aura baissé d’environ 10 degrés, et que vous en perdrez 1 de plus, à chaque 150m que vous monterez. Prévoyez donc de quoi vous couvrir en conséquence. Si vous arrivez au sommet un peu avance : mieux vaut être équipé pour patienter dans des températures en dessous de zéro…

Dans votre sac :

des vêtements chauds ( en plusieurs couches ), un bonnet, des gants
des chaussures de marche
une lampe frontale ( vérifiez les piles )
de l’eau ( au moins 1,5L )
des barres de céréales, un fruit pour combler les petits creux ( mangez régulièrement )
des lunettes de soleil et éventuellement de la crème solaire ( pour la descente )
une trousse de premiers secours ( paracétamol, pansements, bandes elastoplast )
de l’argent pour les toilettes ( 200 yens par passage )

Pour les souvenirs, vous pouvez acheter un bâton de marche à la 5ème station que vous ferez tamponner au fur et à mesure de votre ascension ( de 200 à 500 yens le tampon ). Au sommet, vous pouvez également acheter un certificat qui prouve que vous êtes bien arrivé au bout 😉

Le baton de marche couvert de tampons mémorables
Le baton de marche couvert de tampons mémorables

Une fois la descente terminée, vous pouvez prendre le bus retour depuis la 5ème station. Le premier démarre à 8h00.

Voilà, vous êtes parés !
Bonne chance & « come down » 😉

Alors, c’est quoi le coup de coeur ?

Le plus beau lever de soleil de notre vie…

Alors, c’est quoi le coup de gueule ?

Les stations entre les stations : plus précisément quand on a cru être arrivés à la station 8 et demi alors que pas du tout… Dur psychologiquement !